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Zoom sur une œuvre de Pierre et Gilles - Photo Guillaume Gosse Legrand pour Opale Art
Détail de l’œuvre Antinous Nostalgia (Ellioth Vera) © Pierre et Gilles

 

Ancrage: L’histoire d’une rencontre

Pierre Commoy naît en 1950 à La Roche-sur-Yon, en Vendée. Ce territoire, façonné par l’océan Atlantique, ses lumières changeantes et son horizon dégagé marque le regard. Très jeune, il s’intéresse à la photographie, en s’exerçant d’abord sur des sujets quotidiens.

Gilles Blanchard est de trois ans son cadet. Il naît dans la petite commune de Sainte-Adresse, accolée au port du Havre. Les cargos qui prennent le large et les marins en uniforme deviennent très vite une source d’inspiration pour l’adolescent qui découvre le dessin et la peinture.

Ainsi, bien que séparés par plusieurs centaines de kilomètres, Pierre et Gilles partagent cette enfance à l’empreinte océanique. Ils évoqueront d’ailleurs plus tard cette géographie de naissance comme un socle commun à leur imaginaire. Et on retrouve dans leur œuvre des symboles, l’eau comme élément vital, les ports comme des lieux de passage et de mixité culturelle, et l’horizon, une promesse ou une frontière.

Des chemins parallèles

Dans les années 1970, Pierre quitte la Vendée pour Paris. Il s’y installe comme photographe indépendant et travaille pour des magazines et des agences. Il développe, avec cette expérience dans la presse, une capacité à s’adapter à différents sujets et contextes (reportages, mode…) et une grande rigueur technique.

De son côté, Gilles suit une formation artistique au Havre, puis à Paris. Dans un quotidien fait de peinture et de dessin, il développe un regard et une solide connaissance de l’histoire de l’art, des compositions classiques aux expérimentations graphiques et contemporaines.

Paris, dans ces années 1970, est en pleine effervescence artistique, tant dans les arts visuels que pour la culture populaire, la mode et la musique. Et c’est dans ce contexte que leur rencontre se produit.

1976: l’instant fondateur

Pierre et Gilles se rencontrent en 1976, lors de l’inauguration d’une boutique Kenzo parisienne. À l’époque, Pierre signe des portraits pour Rock & Folk, et Gilles est illustrateur. Très vite, ils se découvrent un goût commun pour les images construites et une envie de brouiller les frontières entre les disciplines des arts visuels.

L’idée d’un travail en duo s’impose rapidement et leur complémentarité saute aux yeux. Pierre apporte la précision technique et le sens de la lumière. Gilles maîtrise le geste pictural et a le goût des détails. Ensemble, ils inventent un processus de création entre photographie et peinture, où chacun conserve son rôle, mais où tout se fait en totale symbiose.

Pierre et Gilles, un couple d'artistes
Photo Jonas Kasper

Un couple dans la vie comme dans l’art

Ce partenariat dépasse rapidement le cadre professionnel. Pierre et Gilles sont un couple, à la ville comme au travail. Et leur atelier est d’ailleurs toujours installé dans leur lieu de vie. C’est chez eux que se préparent les décors, se créent les lumières et se font les prises de vue. Madonna et Kylie Minogue seront des exceptions pour lesquelles le duo travaillera à New York et Sydney.

Et on ne peut s’empêcher de penser que c’est — entre autres — cette vie ensemble, qui donne à leur œuvre une cohérence rare. Depuis des décennies, chaque série et chaque portrait sont le fruit d’une vision construite à deux. C’est ainsi qu’ils développent un univers unique qui attire rapidement l’attention des galeries et des critiques. Leur geste signature — la photographie imprimée sur toile et retouchée à la peinture — devient une véritable marque de fabrique. Dès lors, le nom «Pierre et Gilles» n’est plus seulement l’association de deux prénoms, mais celui d’une entité artistique reconnaissable entre toutes.

 

Univers: Un monde à façonner

Pierre et Gilles ont construit un langage artistique singulier. Dans leurs œuvres, chaque élément est pensé, choisi et disposé avec une précision théâtrale. Rien n’est laissé au hasard.

Si on vous demandait de décrire une œuvre de Pierre et Gilles, vous nous parleriez probablement de couleurs saturées, d’atmosphère vibrante ou de présence presque sculpturale du modèle. Et vous auriez raison.

Bien entendu, ces choix esthétiques ne sont pas gratuits. Hérités du baroque, ils évoquent également la culture populaire contemporaine. Et c’est ainsi que Pierre et Gilles ont fait plus que réaliser une œuvre plastique. Ils ont su créer un monde dans lequel les histoires s’inventent, et où le message n’est jamais loin.

Entre sacré et populaire

Pierre et Gilles jouent constamment sur les frontières. Leurs compositions reprennent souvent les codes des portraits d’apparat ou des images pieuses. Les cadrages centrés, la symétrie, la pose frontale sont des éléments remarquables. Les modèles, — qu’ils soient célèbres ou anonymes — sont souvent placés au centre des décors ornés de fleurs, de perles ou de tissus précieux.

Ce langage visuel inspiré des icônes religieuses et des tableaux classiques rappelle également l’imagerie populaire des affiches de cinéma, des magazines ou des pochettes de disques (qu’ils réaliseront par ailleurs). Le duo réussit à brouiller les limites entre ce qu’on appelle parfois l’art «noble» et la culture de masse. Et ce mélange apporte une esthétique immédiatement reconnaissable dans leur œuvre.

Madonna par Pierre et Gilles
© Pierre et Gilles

La narration visuelle comme fil conducteur

Chaque œuvre de Pierre et Gilles raconte une histoire. Les objets présents dans le décor, le choix des couleurs, les costumes et les accessoires, autant que les gestes et les regards composent un récit visuel que le spectateur est invité à déchiffrer. Parfois il est explicite — inspiré de la mythologie ou de la religion — parfois il laisse place à notre propre interprétation et à l’imaginaire.

Les portraits de marins ou de personnages liés à la mer, par exemple, ne se limitent pas à l’évocation d’un métier ou d’un costume. Ils convoquent tantôt les thèmes du départ, de l’attente ou de l’isolement, mais aussi du désir ou de la fragilité de la vie.

Un art traversé par des luttes

Derrière l’éclat des couleurs, les décors foisonnants et une première lecture qui pourrait parfois rester sur un plan purement esthétique, Pierre et Gilles abordent des questions sociales et politiques, parfois de manière subtile, parfois de façon plus frontale.

Leur univers inclut depuis longtemps des figures et des codes issus de la culture LGBTQ+. Les modèles masculins ou androgynes sont souvent représentés dans des poses sensuelles ou rêveuses, et affirment une esthétique queer qui assume le mélange des genres et la liberté d’expression des corps et des identités.

Le thème du sida et de ses ravages est également présent dans leur travail, notamment dans l’évocation du naufrage qui devient la métaphore des pertes et des drames vécus par toute une génération. On trouve également chez Pierre et Gilles un engagement environnemental qui s’affirme, notamment dans leurs productions les plus récentes. Les fonds marins ne sont plus uniquement peuplés de coraux et de poissons colorés. On y aperçoit parfois des déchets plastiques, des filets abandonnés, et des signes de pollution.

La critique a souvent cherché à qualifier leur esthétique foisonnante. Certains y voient un «kitsch» réinventé. Nous y voyons pour notre part un mélange de baroque, de pop et de culture populaire porté à un haut degré d’élaboration. Loin d’un kitsch décoratif ou ironique, Pierre et Gilles parviennent à conjuguer surcharge visuelle et exigence formelle, créant ce qu’on pourrait appeler un kitsch sublimé et que d’autres avant nous ont appelé, une «plasticité haute couture».

Une œuvre représentant un marin, par Pierre et Gilles
© Pierre et Gilles

 

Pratique: L’atelier comme une scène

Pour comprendre le processus créatif de Pierre et Gilles, il faut entrer dans leur atelier. Cet espace n’a rien d’un lieu impersonnel et technique dédié à la prise de vue d’idées préalablement figées. C’est un véritable lieu de production, au cœur de leur habitation. Un lieu où tout se crée de façon artisanale. Pour atteindre cette esthétique unique, chaque élément est pensé, fabriqué ou assemblé sur mesure, par les artistes.

Le studio ou travaille les artistes Pierre et Gilles
© Pierre et Gilles

La mise en scène comme langage

Bien entendu, tout commence par le choix du thème ou du modèle. Une fois cela défini, les artistes imaginent le décor comme on écrirait un scénario. Chaque accessoire a un sens, qu’il soit symbolique ou purement esthétique. Les couleurs sont définies au départ, comme l’éclairage qui est pensé pour créer l’atmosphère recherchée. Pierre, derrière l’appareil photo, gère la composition et la lumière avec la précision d’un chef opérateur. Gilles, attentif aux volumes et à l’harmonie générale, intervient sur les détails : une fleur déplacée, un tissu ajusté, un élément ajouté pour équilibrer l’image.

La séance photo elle-même est une performance durant laquelle le modèle, guidé par les deux artistes, adopte la pose exacte qui correspond à leur vision commune.

Dans l'atelier de Pierre et Gilles
© Pierre et Gilles

La double vie de l’image

Lorsque la prise de vue est terminée, l’image passe par une étape rare dans le monde de la photographie contemporaine. En effet, la photographie est imprimée sur toile, avant d’être peinte à la main par Gilles. Il applique minutieusement à l’acrylique ou à la gouache, des rehauts, des ombres ou des éclats lumineux qui modifient subtilement la perception de l’image.

Ce travail de peinture ne crée pas de nouveaux détails qui seraient absents du décor initial. Il sert à fusionner les éléments photographiés et peints en une seule surface, ou à effacer les éventuelles ruptures. Ainsi la photographie et la peinture ne cohabitent pas: elles s’absorbent mutuellement pour créer une image hybride.

L’absence de retouche numérique

Si avec l’évolution des technologies depuis les années 70, le numérique s’est inscrit dans le processus pour la prise de vue, le reste du travail est resté artisanal. Ce choix n’est pas lié à une nostalgie, mais est bien l’affirmation d’une méthode. Tout ce qui apparaît dans leurs œuvres, doit avoir existé physiquement dans le décor, à l’atelier. Chaque reflet, chaque jeu de lumière, chaque accessoire a été minutieusement choisi, placé et photographié tel quel.

Ce choix confère à leurs œuvres une présence particulière. Le spectateur sait, même inconsciemment, qu’il regarde quelque chose qui a été intégralement construit, qui a été réellement vu par l’objectif. L’artifice n’est pas dissimulé: il est revendiqué, exposé, et c’est précisément ce qui donne sa force à leur univers.

Isabelle Huppert, œuvre de Pierre et Gilles - Photo Guillaume Gosse Legrand
© Pierre et Gilles
Photo : Guillaume Gosse Legrand

Les cadres: partie intégrante de l’œuvre

À la sortie de l’atelier, l’image n’est pas laissée nue. Pierre et Gilles conçoivent et réalisent les cadres qui entourent chacune de leurs œuvres. Ils sont peints, sculptés, parfois incrustés de perles, de miroirs, ou d’objets détournés. Chez eux, le cadre n’est pas un simple accessoire. C’est un prolongement du décor et de la symbolique de l’image. C’est un peu comme si la frontière entre l’intérieur et l’extérieur de l’œuvre devait disparaître.

Ce choix inscrit leur démarche dans une tradition ancienne — celle des retables baroques ou des cadres dorés de la peinture classique. Mais ils la détournent ici avec une grande liberté et parfois beaucoup d’humour. Alors que le cadre servait autrefois à isoler et magnifier la peinture, Pierre et Gilles en font une partie intégrante de la composition, un écrin qui dialogue avec l’image et en accentue encore sa dimension théâtrale.

Et nous devons l’avouer: les photographies que nous vous présentons dans ce dossier ne rendent pas toujours assez hommage à ce travail. Le volume, les ombres, les textures et les matières de certains cadres mériteraient une exposition à eux seuls. C’est pourquoi nous vous encourageons à les découvrir lors d’une exposition ou en galerie, pour pouvoir les contempler au plus près.

Ainsi, chez Pierre et Gilles, chaque œuvre naît d’un processus long, minutieux, et exigeant. Avec eux, la préparation compte autant que l’exécution. Et, au-delà du talent immense, cet engagement artisanal explique également selon nous, pourquoi, depuis près de cinquante ans, chaque image signée du duo conserve cette cohérence visuelle et narrative qui la rend immédiatement reconnaissable.

Chez Pierre et Gilles, le cadre fait partie de l'œuvre
© Pierre et Gilles
Photo : Guillaume Gosse Legrand

 

Panthéon personnel: Étoiles et repères

Nous l’avons brièvement évoqué: l’univers pictural de Pierre et Gilles se nourrit d’un réseau dense de références, qui va des codes du portrait classique aux figures de la culture populaire. Mais ce mélange, qu’ils revendiquent, n’a rien d’un simple collage visuel: il fonctionne comme un langage. C’est une grammaire visuelle où chaque image dialogue avec l’histoire de l’art.

Les influences, assumées ou implicites, construisent un véritable panthéon personnel dans lequel les saints médiévaux côtoient les stars de la pop. Dans le monde de Pierre et Gilles, les tableaux baroques répondent aux affiches de cinéma ou aux pochettes d’album. Et cet univers, dont certaines œuvres emblématiques sont actuellement exposées au musée Franz Mayer de Mexico, réussit l’exploit d’être à la fois profondément ancré dans la mémoire collective, tout en restant continuellement ouvert aux icônes du présent.

© Pierre et Gilles

L’iconographie religieuse et ses réinterprétations

Depuis leurs débuts, Pierre et Gilles intègrent dans leurs compositions des codes visuels hérités de l’iconographie religieuse: auréoles rayonnantes, symétries frontales, postures, associations de couleurs à valeur symbolique. Ces emprunts confèrent aux modèles une aura sacrée, transformant parfois une figure populaire en saint ou une star en divinité laïque. Déjà, l’exposition Clair-Obscur au MuMa du Havre décrivait cette esthétique comme «une hybridation entre images pieuses, culture pop et codes de la photographie de mode», traduite par une mise en scène rigoureuse et des compositions où le sacré et le profane cohabitent.

En réactualisant les archétypes religieux ou mythologiques à travers des modèles d’aujourd’hui, le duo propose une réécriture contemporaine des codes du sacré.

Les muses célèbres et les anonymes

Leur galerie de portraits compte de nombreuses personnalités devenues emblématiques: Étienne Daho, Sylvie Vartan, Nina Hagen, Isabelle Huppert, Kylie Minogue, Jean-Paul Gaultier, Stromae. Ces collaborations, souvent liées à des affinités personnelles, sont traitées avec la même exigence que les portraits de modèles anonymes rencontrés au fil de leur vie. Dans l’univers de Pierre et Gilles, la célébrité ne hiérarchise pas les sujets.

Entre leurs mains, chaque visage, qu’il appartienne à une star internationale ou à un inconnu, peut être transfiguré en icône. C’est un peu comme si le passage par leur studio fonctionnait comme un rite de métamorphose. Le modèle y devient figure intemporelle, intégrée à une mythologie personnelle qui brouille les frontières entre gloire publique et intimité.

La culture populaire comme réservoir d’images

Des affiches de cinéma aux pochettes de disques, en passant par les bandes dessinées, les photographies de magazines ou l’imagerie publicitaire, Pierre et Gilles s’emparent d’éléments visuels de la culture de masse, non pas comme des citations ironiques, mais comme matériaux légitimes pour construire une iconographie personnelle. Ces références créent des ponts immédiats avec la mémoire collective, tout en étant retravaillées dans une esthétique minutieuse. Cette porosité entre registres élevés et populaires permet à leur œuvre de toucher un public très large, tout en conservant une exigence plastique et narrative rare.

Il est impossible d’évoquer Pierre et Gilles sans parler musique. La signature de la pochette de l’album La Notte La Notte d’Étienne Daho, en 1983, a probablement été un élément fondateur de leur reconnaissance. Et depuis, les grands noms se succèdent dans leur atelier. Vous en découvrirez quelques-uns dans ces pages, et notamment la magnifique Madonne aux fleurs incarnée par Clara Luciani. Un projet initié après un message envoyé par Clara au duo d’artistes… via Instagram!

Clara Luciani par Pierre et Gilles
© Pierre et Gilles
Pierre et Gilles en couverture d'Opale Art Magazine Contemporain

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Nous avons rendu hommage à Pierre et Gilles dans le numéro 4 d’Opale Art Magazine. Ce magazine ne ressemble à aucun autre. 120 pages d’art contemporain, sans publicité, sur papier haut de gamme, il s’agit d’une édition numérotée et collector, où chaque détail compte. Ce nouveau volume poursuit notre mission : rendre l’art vivant, accessible et vibrant.

Vous y retrouverez notre dossier de plus de 20 pages qui retrace le parcours de Pierre et Gilles et plus de 20 œuvres emblématiques publiées avec la collaboration des artistes.

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Zoom sur: Les marins, figures réinventées

La mer occupe depuis longtemps une place centrale dans l’imaginaire de Pierre et Gilles. L’univers maritime et sa mythologie reviennent comme un fil rouge à travers plusieurs décennies de création. Au point qu’une exposition est actuellement consacrée à ce thème aux Franciscaines de Deauville.

Parmi leurs œuvres les plus emblématiques, plusieurs portraits de marins réinterprètent la figure romantique et virile popularisée par le cinéma et la chanson. Les œuvres ne se contentent pas de rejouer un cliché visuel: les uniformes, les tatouages et les accessoires y sont stylisés avec précision, dans une mise en scène qui oscille entre réalisme et imagerie fantasmée. Ces images convoquent autant l’iconographie militaire que l’esthétique des cartes postales anciennes.

Mythes et allégories maritimes

Les références à la mythologie antique sont récurrentes dans le travail de Pierre et Gilles. On citera notamment leur œuvre intitulée Amphitrite (en 1989), un portrait saisissant de Nina Hagen présentée en déesse marine impressionnante. Ces œuvres sont comme des incarnations contemporaines de figures mythiques. Ici, le modèle devient personnage de légende. La mer est un décor mais aussi un symbole. Celui d’un passage, d’un ailleurs, ou d’une force naturelle indomptable.

Pierre et Gilles - Autoportrait 78 (Barthélémy Seng et Florian Balicco) 2014
© Pierre et Gilles

Ports, rivages et cartes postales

Nous l’avons vu, Pierre et Gilles sont nés et ont grandi proches de la mer. Et les artistes en ont gardé un lien fort avec l’esthétique portuaire. Dans leurs décors peints et photographiés, on retrouve la lumière des quais, les filets de pêche, les jetées et les enseignes peintes à la main. Certaines compositions, comme Le Phare (2001), évoquent directement les paysages côtiers, tout en les transfigurant par une palette saturée et des accessoires soigneusement choisis.

L’engagement environnemental

Si leur approche est évidemment esthétique et pointue, le duo n’ignore pas les menaces qui pèsent sur les océans. Dans certaines œuvres récentes, des éléments de pollution ou des références explicites au réchauffement climatique apparaissent en arrière-plan. Il ressort de ces œuvres une dualité fascinante où la beauté des océans côtoie une inquiétude sur leur fragilité. Cette dimension, discrète mais présente, s’inscrit dans une tendance plus large de l’art contemporain à relier esthétique et conscience écologique.

Pierre et Gilles à l'honneur d'Opale Art Magazine Contemporain

Opale Art remercie chaleureusement Pierre et Gilles de leur confiance et nous avoir confié leurs œuvres et photographies privées pour illustrer le dossier qui leur est consacré. À titre personnel, Guillaume Gosse Legrand tient à remercier Pierre Commoy pour sa disponibilité et sa sympathie.

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