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Sculpture de Paul Toupet
© Paul Toupet

Bonjour Paul, comment pourriez-vous présenter votre parcours à nos lecteurs?

Je crée depuis 1995 ce qui est très vite devenu une sorte de formulation de ce que j’appellerai un monde idéal. Il s’agit pour moi de raconter la vie quand elle s’exprime de façon pure et enjouée. Pour cela, c’est la figuration de l’enfance qui s’est imposée. Je ne sais pas ce que je transmets exactement. L’important pour moi reste toujours de formuler une représentation ou une narration qui vont me contenter. 

C’est au travers de cette vérité qu’apparaît peut-être une capacité de transmission. Il me semble que le seul message à lire dans mes sculptures est le pouvoir de la beauté et la façon dont elle occupe le cœur de l’humanité. Mes sculptures représentent l’enfant dans toute sa configuration légère, puissante et encore indomptée.

Sculpture de Paul Toupet
© Paul Toupet

Justement, votre enfance marquée par les arts premiers semble avoir profondément influencé votre pratique artistique? Et quelles sont vos autres influences?

Oui effectivement la vision de la collection de mes parents semble avoir transformé mon regard. Mais qui peut réellement se détacher de son enfance ? Je ressens une grande fascination pour un art qui me semble complètement libre et qui n’existe pas pour répondre à quelque chose d’autre qu’à l’invisible. J’ai le sentiment que l’art transcende le temps, mon enfance est donc aussi influente que les choses que je vis au jour le jour. Mon présent est mon passé, et mon passé devient mon futur. Tout n’est question que d’une ligne en continu. Mon cœur fait un grand écart aussi impressionnant que de HR Giger à Mark Ryden. Je suis extrêmement sensible aux artistes capables de créer une autre incarnation d’eux-mêmes comme David Bowie par exemple. Je suis également très impressionné par des artistes faiseurs d’univers dont la dimension du trouble devient une ligne forte.

Le masque est un élément central de votre œuvre, que représente-t-il pour vous?

D’abord imaginez bien que j’ai grandi entouré de masques africains ! Ensuite, et très curieusement, j’ai l’impression que mes sculptures sont plus expressives masquées. Enfin, il est vrai que le masque revêt différentes significations symboliques, sociales, identitaires… Je crois que c’est là que se loge beaucoup de la réflexion de l’observateur. Je laisse son imaginaire agir.

Sculpture de Paul Toupet
© Paul Toupet

Votre technique a-t-elle évolué depuis vos débuts ?

Avec le recul on peut constater que je fonctionne par cycle. Quand je trouve une voie, je m’y consacre totalement et je travaille sans relâche dans cette direction, puis dès que c’est le moment je me dirige vers un nouveau cycle. Je suis passé d’un cycle où je travaillais beaucoup la cendre et la cire. Puis un effet céramique blanc, puis bleu, et enfin coloré. En ce moment je suis dans mon cycle dentelles. Je suis toujours moi, mais heureusement je ne suis pas le même à 20, 30 ou 40 ans. Je compose entre une impermanence de la vie et mes obsessions.

Quels conseils pourriez-vous donner à un artiste hors circuit qui voudrait se faire connaître ?

Je ne peux conseiller que de travailler sans relâche. Je ne crois pas qu’on puisse y arriver sans un travail acharné. Pour l’inspiration je peux évidemment conseiller de voir le plus d’expositions possible. Mais pour faire connaître son travail, je conseillerais à un jeune artiste d’exposer au maximum, qu’importe le lieu, d’apprendre à accrocher, de chercher à comprendre comment marche le monde de l’art et de faire sa propre communication. Il y a quelques années je faisais mes dossiers de presse à la main que je déposais en vélo dans les rédactions de journaux artistiques de Paris. Il ne faut jamais hésiter à faire tous les efforts possibles. Aujourd’hui je suis exactement là où j’espérais être : je voulais une vie artistique, être entouré de gens merveilleux. Et c’est ce que je vis !

Sculpture de Paul Toupet
© Paul Toupet

Pour conclure, pouvez-vous nous dire où nous verrons bientôt votre travail et ce que pensez d’Opale Art?

On pourra voir mon travail au Louvre Lens cet automne, c’est une belle étape pour moi (NDLR : Opale Art vous parlera très bientôt de cette exposition !).

Et je veux vous dire bravo pour cette belle implication. Le travail de relais est impératif pour tous les artistes, qu’ils soient reconnus ou non. Bravo pour tous vos efforts, car je sais que vous aurez la possibilité d’en aider énormément. Merci pour cela !

Sculpture de Paul Toupet
© Paul Toupet

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