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œuvre de Antoine Stevens
© Antoine Stevens

Né en 1987 à Lille, Antoine Stevens entame son parcours artistique dans l’univers du graffiti. Dès le lycée, il découvre la liberté du geste et la force expressive de la rue. Cette révélation marque un tournant : à partir de 2005, il investit l’atelier pour faire dialoguer la spontanéité de l’art urbain avec la rigueur du dessin classique.
Ce double héritage fonde une esthétique hybride, où les visages féminins deviennent le motif central d’un travail de mémoire et d’émotion.
S’il conserve la technique de la bombe, il y associe la peinture acrylique sur toile, avec un soin particulier porté aux nuances, aux transparences et aux effets de coulures. Chaque œuvre est une tentative de capturer l’intime, de suspendre une sensation, de faire naître une émotion partagée.

Portraits féminins, entre force et délicatesse

Le regard, chez Antoine Stevens, est au cœur de tout. C’est à travers lui qu’il cherche à raconter une histoire. Ses portraits de femmes ne sont ni réalistes ni idéalisés : ils sont porteurs de silence, de souvenirs possibles, de nostalgies ouvertes.
L’artiste souhaite que chacun y projette ses propres sensations, que le spectateur entre dans un dialogue intérieur avec le tableau.
Ces visages incarnent la beauté, mais aussi la puissance, la solitude ou le désir d’avenir. Ils ne parlent pas : ils regardent. Et dans ce regard, quelque chose se joue — une forme d’intimité, d’écho discret. Ce sont des présences fragiles et puissantes à la fois, façonnées par une palette douce et maîtrisée.
Lorsqu’on lui demande comment il parlerait de son travail à un enfant, Antoine Stevens explique que ses toiles sont faites « pour faire ressentir des choses avec les yeux », comme un voyage intérieur. L’émotion est l’enjeu premier, la représentation n’en est que le support.

Peindre l’émotion, faire trace

Son travail artistique trouve son origine dans cette expérience fondatrice du graffiti, qu’il considère comme une libération. Dessinateur depuis toujours, c’est dans la rue qu’il découvre l’urgence de créer, puis dans l’atelier qu’il affine sa sensibilité.
Au fil du temps, les influences s’enrichissent, les rencontres avec d’autres artistes nourrissent une recherche plus introspective.
Ce cheminement, toujours en équilibre entre maîtrise technique et lâcher-prise, donne naissance à une œuvre cohérente, marquée par une fidélité à l’humain.
Antoine Stevens poursuit aujourd’hui ce dialogue entre deux mondes — celui de la rue et celui de la toile — en traçant un trait poétique entre force brute et fragilité assumée.

01/06

Si vous deviez présenter votre art à un enfant.

Quand je peins, je dessine surtout des visages, souvent de femmes, parce que j’aime raconter des émotions avec leurs yeux. J’essaie de montrer ce qu’elles ressentent, comme la joie, la tristesse ou un souvenir. Un peu comme quand on regarde quelqu’un et qu’on se demande à quoi il pense. J’aimerais que les gens qui regardent mes tableaux ressentent quelque chose dans leur cœur, qu’ils puissent rêver ou voyager un peu, juste avec un regard. Les couleurs que j’utilise et le « travail de coulure » est aussi une manière de susciter l’émotion.

02/06

Si vous deviez garder un moment décisif qui a influencé votre art ou votre choix de devenir artiste.

Ce qui a été vraiment décisif pour moi, c’est ma rencontre avec le graffiti. Bien que je dessinais déjà bien avant, c’est à ce moment-là que j’ai ressenti une véritable révélation artistique, comme si une vocation prenait forme. Cette pratique m’a ouvert un chemin, une liberté d’expression nouvelle. Par la suite, les nombreuses rencontres avec d’autres artistes n’ont fait que renforcer cette direction, en nourrissant mon envie de créer et de poursuivre ce parcours.

03/06

Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos œuvres.

Ce serait une œuvre intitulée KAHINA, d’ailleurs à ce jour c’est la seule œuvre que j’ai conservée. C’est un grand format 200x200cm qui je pense est très représentative de mon travail des 10 dernières années. Elle exprime une certaine rêverie, ou nostalgie et pour moi elle est intemporelle.

œuvre de Antoine Stevens
© Antoine Stevens
04/06

Si votre art avait un super-pouvoir.

Si j’avais un super pouvoir, ce serait de remonter le temps. Pas pour rêver au passé, mais pour comprendre vraiment ce que ressentaient les artistes dans leur époque. J’aimerais découvrir la Renaissance, cette période de renouveau, et l’expressionnisme, intense et vrai. L’histoire de l’art me passionne car elle m’aide à nourrir mon regard et à connecter mon travail avec des émotions universelles, au-delà du temps.

05/06

Si vous pouviez rencontrer ou collaborer avec un artiste célèbre.

Si je pouvais rencontrer ou collaborer avec un artiste, ce seraient sans hésiter Basquiat et Francis Bacon. Basquiat m’inspire par son énergie brute et son mélange unique entre culture urbaine et art engagé. Sa façon spontanée de créer me parle beaucoup. Francis Bacon, lui, me touche par sa capacité à montrer la fragilité et la violence humaine, avec une peinture qui va droit au cœur. Travailler avec eux serait pour moi une chance incroyable de plonger au plus profond des émotions et de repousser mes limites artistiques.

06/06

Si vous aviez rédigé cette interview, quelle question vous seriez-vous posée ?

Ce serait : « Qu’est-ce qui permet de surmonter les moments de doute, les incertitudes et ces remises en question constantes, entrecoupées de moments de joie et de réussite ? » Pour moi, la clé, c’est de ne jamais lâcher prise, même quand tout semble difficile. Se souvenir d’où l’on vient, du chemin déjà parcouru, ça donne la force de continuer. Et surtout, s’entourer de personnes bienveillantes qui croient en nous et nous soutiennent, c’est essentiel. Personnellement, j’ai traversé une période où je remettais en question ma direction artistique, doutant de la valeur de mon travail. Ces moments étaient lourds, mais j’ai appris à accepter ces phases comme une étape normale du processus créatif. J’ai puisé dans mes réussites passées et dans le soutien de mes proches pour avancer, petit à petit. Cela m’a permis de retrouver confiance et d’aborder mes projets avec une énergie renouvelée.

œuvre de Antoine Stevens
© Antoine Stevens

Antoine Stevens figure également dans le portfolio de notre magazine imprimé collector numéro 04 et a rejoint Opale Art en 2025. Nous le remercions de sa confiance. Retrouvez nos autres portraits d’artistes en suivant ce lien. Et découvrez de nombreux artistes sur notre compte instagram.