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œuvre de l'artiste Christophe Gravis
© Christophe Gravis

Né à Valenciennes en 1968, Christophe Gravis s’imprègne dès l’enfance d’un environnement familial tourné vers la création. Dans ce foyer où l’on crée autant qu’on vit, Christophe apprend à regarder, à composer, à rêver.

De la mode aux arts visuels

Ce terreau sensible se prolonge à Paris, où il intègre l’École de la Chambre syndicale de la Haute-Couture. Il y cultive un œil exigeant et s’initie au stylisme comme à l’art du détail. Mais c’est dans la transversalité que son identité se forge : il travaille aussi bien pour des décorateurs que pour des maisons de mode, explorant les liens entre l’art, le design et l’architecture. Ces expériences marquent les prémices d’un chemin artistique qui s’émancipe peu à peu des cadres pour faire place à la liberté du geste et à l’exploration des formes.

Un parcours guidé par les rencontres et les voyages

Plusieurs moments décisifs jalonnent ce parcours : la rencontre avec la galeriste Amélie du Chalard en est un. À travers sa vision contemporaine de la galerie d’art, elle lui ouvre un espace de confiance et de résonance. Son regard sur l’émotion, la mise en scène et la puissance des œuvres nourrit en Christophe Gravis un élan nouveau. De même, deux voyages vont profondément influencer sa pratique : le Rajasthan, avec sa lumière unique et ses traditions ancestrales, déclenche en lui une réflexion méditative sur la place de l’art dans la vie. New York, en contraste, l’immerge dans une énergie bouillonnante, un laboratoire d’idées où les frontières disciplinaires explosent. Ces instants irriguent sa pratique actuelle. Ils nourrissent son refus de l’uniformisation, son désir d’inventer une langue plastique propre, faite d’équilibres subtils, d’assemblages audacieux et de correspondances sensibles.

Un langage plastique entre abstraction, design et lumière

Aujourd’hui, Christophe Gravis poursuit une œuvre plurielle où chaque médium devient un terrain d’expérimentation. Peinture, collage, sculpture, céramique, photomontage : autant de voies pour explorer l’abstraction et en repousser les limites. Sa démarche consiste souvent à peindre, découper, assembler. Il ne trace pas, il découpe le papier, façonne des volumes, construit des interactions entre les formes. La lumière joue un rôle central, prolongeant l’objet au-delà de sa propre matérialité par des jeux d’ombres portées.

Dans ses sculptures et reliefs, le bois peint, les aplats monochromes et les imbrications donnent naissance à une écriture plastique singulière. Exposé à la galerie Emmanuel Perrotin sous le commissariat de René-Julien Praz, son œuvre Duo condense son approche du minimalisme, son travail des tons et son exigence de composition.

À la frontière du design et de la poésie spatiale, Christophe Gravis propose une vision sensible de l’art et enracinée dans la lumière du Nord. Ses œuvres sont des territoires silencieux où chaque couleur, chaque ligne, chaque vide a sa propre nécessité.

01/06

Si vous deviez présenter votre art à un enfant…

Si je devais présenter mon travail à un enfant, je lui expliquerai dans un premier temps la différence entre l’abstraction où formes et couleurs ne représentent pas des objets connus et la figuration où il voit des choses familières.  Je lui présenterai l’art abstrait comme un jeu où il peut mélanger librement des formes et des couleurs pour créer quelque chose de nouveau.
Je lui apprendrai aussi quelques notions de base. Par exemple, la définition de monochrome, la notion de composition dans l’espace ou comment il peut composer ses éléments sur une page pour créer un équilibre. A l’aide d’un disque chromatique pour l’apprentissage des couleurs, je lui expliquerai la notion d’harmonie ou comment les couleurs peuvent se compléter ou se contraster.
Je lui demanderai de réaliser une peinture ou un collage de papiers découpés en s’inspirant directement d’une photo d’un de mes assemblages minimalistes en bois peint. Après avoir créé son œuvre, nous prendrions le temps d’échanger afin que l’enfant puisse exprimer son ressenti et affirmer sa sensibilité artistique. Tout en s’amusant, il aura exploré le monde de l’art abstrait et du minimalisme à travers mon travail.
02/06

Si vous deviez garder un moment décisif qui a influencé votre art ou votre choix de devenir artiste…

Il n’y a pas qu’un seul moment décisif qui a influencé mon art…
La rencontre avec la galeriste Amélie du Chalard a constitué un moment décisif dans mon parcours artistique. Sa passion pour l’art et son engagement envers les artistes m’ont insufflé une nouvelle confiance en moi. La galerie Amélie Maison d’Art incarne une vision novatrice de la galerie d’art traditionnelle, toujours en avance sur son temps. Elle sait sublimer l’art et l’émotion dans des lieux sublimes, ce qui résonne profondément avec mes propres aspirations créatives. Je me sens en parfaite harmonie avec l’ADN des artistes qu’elle représente, la singularité de leurs expressions et l’infinie subtilité de leurs œuvres.
Un voyage au Rajasthan en Inde a été une découverte inoubliable. La beauté singulière de cette région m’a plongé dans un état méditatif. Les rencontres avec les habitants, leurs traditions et leur philosophie de vie m’ont incité à reconsidérer mes propres valeurs, à envisager l’art comme un moyen d’expression de mes questionnements intérieurs.
Enfin, la découverte de la ville de New York a été aussi un moment décisif. Avec son effervescence et sa créativité débordante, elle représente un véritable pôle d’inspiration. Cette ville est un véritable laboratoire d’idées où l’art contemporain se mêle à une multitude de cultures. Elle stimule la créativité, stimule le dépassement de soi et incite à la liberté dans la création. Un terrain fertile pour l’exploration de nouvelles perspectives.
En résumé, ces moments décisifs ont nourri ma réflexion artistique et personnelle. Ils m’ont encouragé à continuer et à explorer l’art sous toutes ses formes.
03/06

Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos œuvres…

Si je devais garder qu’une seule de mes oeuvres, je garderai une paire de deux assemblages intitulée « Duo », chacun est constitué de quatre formes en bois peint.
J’ai eu l’honneur de les voir exposer à la Galerie d’Emmanuel Perrotin lors d’une exposition dont le curateur était René-Julien Praz.
Cet assemblage avec de nombreuses variations de formes et couleurs est omniprésent dans ma pratique artistique, il représente une base de mon écriture abstraite. Tout en s’inscrivant dans la ligné du minimalisme, il est représentatif de ma volonté de composer, de trouver l’équilibre entre les formes abstraites et les accords de tons monochromes.
œuvre de l'artiste Christophe Gravis
© Christophe Gravis
04/06

Si votre art avait un super-pouvoir…

Si mon art possédait un super pouvoir, j’utiliserai cette baguette magique pour insuffler une nouvelle vitalité à la culture et à la création artistique, en les élevant à des sommets inexplorés, tout en veillant à ce qu’elles s’épanouissent dans des conditions optimales. Ce super pouvoir servirait à favoriser un environnement propice à l’innovation et à l’expérimentation. Cela impliquerait d’encourager les artistes émergents, de promouvoir la diversité des voix et des styles. Mon super pouvoir serait un catalyseur de collaborations, un moyen de soutenir des créateurs de tous horizons afin qu’ils partagent leurs visions et leurs passions.
En parallèle, ce super pouvoir serait également l’instrument de la réalisation de mon rêve le plus cher : être représenté par la Galerie Karsten Greve. Cette galerie, qui demeure l’une de mes favorites, est un véritable bastion de l’art. Des lieux où la créativité s’exprime avec éclat et profondeur dans la diversité des genres artistiques présentés. Être associé à un tel espace serait pour moi une reconnaissance inestimable, une opportunité de faire partie d’une sélection d’artistes qui partagent une vision audacieuse et inspirante. Dans ce cadre prestigieux, je pourrais non seulement exposer mes œuvres, mais aussi participer à des échanges enrichissants, nourrissant ainsi ma pratique artistique.
Mon super pouvoir serait donc un pont entre mes aspirations personnelles et un impact magique sur le monde de l’art.
05/06

Si vous pouviez rencontrer ou collaborer avec un artiste célèbre…

Il existe une multitude d’artistes aux univers différents qui m’inspirent et suscitent en moi beaucoup d’admiration. Parmi eux, des figures emblématiques telles que Louise Bourgeois, Jean-Charles Blais, Sonia Delaunay, Josef Albers, Donald Judd, Henri Matisse et Cy Twombly occupent une place privilégiée.

Cependant, si je devais n’en choisir qu’un seul dont la rencontre ou la collaboration m’aurait profondément marqué, ce serait sans conteste Pierre Soulages, un géant de l’art contemporain. Son abstraction est radicale et une quête incessante de la lumière. Son exploration du « mono-pigmentaire outrenoir » est une véritable ode à la matière et à la lumière, où chaque toile devient un espace de dialogue entre ombre et éclat.
Les grandes toiles de Soulages sont d’une composition magistrale, elles révèlent des monochromes aux nuances subtiles et des textures fascinantes qui m’invitent à une exploration visuelle sans fin. Chaque regard porté sur ses créations est pour moi comme une nouvelle découverte, une invitation à plonger dans un univers où le temps semble suspendu.
06/06

Si vous aviez rédigé cette interview… quelle question vous seriez-vous posée?

Au cours de cet interview, deux questions importantes me viennent à l’esprit, révélatrices de mes préoccupations artistiques et de mes aspirations.
La première question est : comment puis-je évoluer en préservant l’intégrité de mon identité artistique ? Cette interrogation soulève des enjeux, l’art étant un domaine en perpétuelle mutation. Les caractéristiques de ma pratique artistique, qui évoluent au fil du temps, témoignent d’une volonté d’explorer de nouveaux horizons tout en restant fidèle à l’essence même de ma vision créative. Je ne conçois aucune limite à cette évolution, car chaque expérience, chaque rencontre, et chaque réflexion enrichissent mon parcours.
La seconde question concerne mon parcours, elle revient fréquemment dans mes réflexions : quelle galerie me fera l’honneur de m’exposer ? Cette interrogation va au-delà de la simple recherche d’un espace d’exposition, elle évoque également le désir de tisser des liens significatifs avec des institutions qui partagent ma vision artistique. L’espace d’exposition est un lieu de rencontre, un carrefour où l’artiste et le public se rencontrent, où les idées s’échangent et où les émotions se libèrent. Ainsi, la quête d’une galerie qui saura accueillir mon travail avec bienveillance et compréhension est essentielle pour la poursuite de mon cheminement artistique.
œuvre de l'artiste Christophe Gravis
© Christope Gravis

Christophe Gravis figure également dans le portfolio de notre magazine imprimé collector « printemps / été 2025 » et est membre d’Opale Art. Nous le remercions de sa confiance. Retrouvez nos autres portraits d’artistes en suivant ce lien. Et découvrez de nombreux artistes sur notre compte instagram.