© Sabrina Quindroit
01/06
Si vous deviez présenter votre art à un enfant…
Je lui dirais que je trouve qu’il n’y a rien de plus beau et mystérieux que la nature et que mon travail d’artiste est de parler de cela en images.
Ces images, je les réalise principalement avec des encres et des peintures, sur de beaux papiers en fibres naturelles. Parfois, je fabrique mes encres avec des pigments naturels comme le brou de noix, le chou rouge, les oignons, ou les racines de garance. Je fais beaucoup d’expériences!
Je lui dirais aussi que je suis fascinée par le lien qui unit tous les êtres vivants. C’est pourquoi je peins à la fois des paysages, des animaux, des champignons, des racines, car tout est connecté, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.
02/06
Si vous deviez garder un moment décisif qui a influencé votre art ou votre choix de devenir artiste…
Même si l’activité artistique a toujours fait partie de ma vie, je pense que j’ai décidé de devenir artiste professionnelle lors de mon voyage d’un an en Australie.
Ce voyage s’est fait à un moment charnière de ma vie de femme. À l’époque, j’étais styliste, et je ne trouvais plus de sens dans ce travail, même après avoir essayé plusieurs entreprises textiles.
J’ai vécu pendant 12 mois la vie au grand air, baignée dans l’immensité des espaces sauvages australiens, avec un quotidien sans routine, rythmé par de petits jobs, des rencontres et des discussions avec les locaux ainsi qu’avec d’autres voyageurs venant des quatre coins du globe. Me retrouver seule dans cet environnement inconnu était très stimulant et propice à la réflexion. C’est là, face à tant de beauté et de vérités sur l’urgence climatique, que je me suis reconnectée à mes besoins et valeurs profondes. C’était décidé : en revenant chez moi, dans le nord de la France, je ferais de l’art mon métier.
03/06
Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos œuvres…
Question très difficile. Il m’est impossible de répondre, car mes séries d’œuvres représentent un état d’esprit et des sujets qui me préoccupent davantage à différentes périodes de ma vie. Cependant, s’il faut que je choisisse une œuvre importante dans mon travail actuel, ce serait sûrement une petite encre sur papier intitulée Sauvage. Elle représente un regard de femme ou d’homme à travers des branches (que l’on pourrait également interpréter comme des racines) qui viennent déchirer et entourer ces deux yeux qui nous regardent avec intensité et, je l’espère, nous questionnent.
À travers cette œuvre, je voulais aborder la nature animale de l’humain, sans la connotation négative qu’on pourrait lui donner, mais plutôt celle qui nous permet de vivre en symbiose avec ce qui nous entoure.
© Sabrina Quindroit
04/06
Si votre art avait un super-pouvoir…
Sans doute aurait-il le super pouvoir de guérir et de régénérer ce qui a été abîmé par notre société consumériste. Il aurait également le pouvoir de donner de la considération au métier d’artiste ainsi qu’à tous les métiers « invisibles ».
05/06
Si vous pouviez rencontrer ou collaborer avec un artiste célèbre…
Rêvons grand ! Je peins très souvent en musique. J’ai d’ailleurs une série de tableaux nommée Les paysages intérieurs sur ce sujet. Je suis totalement fan de l’univers et du travail de Sigur Rós. Je vous avoue avoir osé imaginer plusieurs visuels d’albums.
Je suis également cinéphile, donc dans un tout autre registre, je rêverais de collaborer avec le réalisateur de génie Wes Anderson. J’aime sa sensibilité, son univers chamarré et décalé. Je suis sensible à sa façon de cadrer, de jouer avec la fausse symétrie, et de poser une narration riche dans un cadre fixe.
06/06
Si vous aviez rédigé cette interview… quelle question vous seriez-vous posée?
Ce serait de connaître mes projets à venir. Idéalement, je souhaiterais intégrer une résidence artistique afin de continuer mes recherches plastiques, que je voudrais pousser dans une dimension « art & science ».
Les résidences-missions permettent également de co-créer et de mettre en place des projets avec une forte valeur sociale et culturelle, en collaboration avec des acteurs locaux, des écoles, des associations, voire même avec d’autres artistes.
La transmission fait partie de ma démarche. Je mène d’ailleurs régulièrement des ateliers artistiques dans la région lilloise. Je guette donc les appels à résidence en cohérence avec mon projet pour les années à venir.


