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Cyanotype d'Alexandra Planquais. Vagues
© Alexandra Planquais
01/06

Si vous deviez présenter votre art à un enfant…

Avant d’expliquer ma production à un enfant, je préfère d’abord lui poser des questions. D’après toi, quelle est ma couleur préférée ? Le bleu. Ce bleu est appelé « bleu primaire » ou plus précisément « bleu cyan ». Ma technique s’appelle le cyanotype, car mes œuvres sont de cette couleur. Quand tu observes ma production, quel est, d’après toi, mon thème préféré ? La nature (les végétaux, les paysages, l’eau, les séléments marins…). Un élément est indispensable pour créer mon œuvre : le soleil. Tout d’abord, je travaille dans le noir pour appliquer un produit « magique » sur mon support. Ensuite, pour faire apparaître l’image, je l’expose au soleil, ce qui permet à l’œuvre de prendre une teinte bleu clair ou bleu foncé. L’image est toujours unique, car la lumière du soleil varie. Parfois, il est très fort et le bleu devient plus foncé ; parfois il est plus doux, et le bleu ressort plus clair.

02/06

Si vous deviez garder un moment décisif qui a influencé votre art ou votre choix de devenir artiste…

J’ai commencé par dessiner avant de savoir écrire. Mes parents m’ont raconté qu’un jour, j’avais dessiné une bouteille d’Orangina, avec le nom de la marque inscrit dessus, alors que je ne savais ni lire ni écrire. Dès mon enfance, j’aimais observer et retranscrire ce que je voyais. Je dessinais partout, tout le temps, même sur les murs et les chemises de mon père ! L’art a toujours été pour moi un besoin vital.

Pendant mes études à Amiens, j’ai exploré la sculpture, une discipline évolutive, ce qui m’a poussé à pratiquer la photographie pour garder une trace de mes créations. Je me suis alors passionnée pour ce médium, ses inventions, ses expérimentations et les photographes, des pionniers jusqu’à ceux d’aujourd’hui.

Plus tard, j’ai expérimenté plusieurs techniques photographiques avant de trouver celle qui m’épanouit le plus. J’apprécie ce qu’elle m’apporte, avec son mélange entre une technique contemporaine de montage numérique et une technique ancienne (le cyanotype). Il y a une part que je peux maîtriser et une part aléatoire, car je ne sais jamais exactement ce que je vais obtenir. Le résultat dépend de l’intensité du soleil.

03/06

Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos œuvres…

Si je devais garder une seule œuvre, ce serait la méduse. Les méduses me fascinent. Leur corps gélatineux sans coquille ni carapace, leur ombrelle prolongée d’un axe vertical, les filaments ou tentacules qui bordent leur contour, leur équilibre et leur manière de se déplacer. Dans cette série, j’ai associé le monde animal et végétal.

Techniquement, elle mêle une photo sous-marine et plusieurs photos numériques de fleurs que j’ai placées une à une par montage. Les fleurs, ainsi disposées, évoquent une tête de mort, rappelant l’ambivalence de la créature, à la fois attirante et dangereuse.

Enfin, j’ai réalisé un tirage en cyanotype, une technique caractéristique de ma production. Récemment, j’ai retravaillé mon cyanotype avec des techniques graphiques et des jeux de dimension, passant du format 20×30 cm au 60×80 cm.

Cyanotype d'Alexandra Planquais. Méduse
© Alexandra Planquais
04/06

Si votre art avait un super-pouvoir…

Si mon œuvre avait un super pouvoir, j’aimerais qu’elle puisse protéger la nature, les océans et les créatures qui y vivent. J’aimerais aussi qu’on accorde plus de place à l’art et à sa dimension poétique.

05/06

Si vous pouviez rencontrer ou collaborer avec un artiste célèbre…

Il est difficile de choisir un seul artiste car beaucoup m’inspirent. J’aime beaucoup l’œuvre de Joan Fontcuberta et sa manipulation des images en détournant les codes scientifiques, Philippe Cognée et ses représentations de fleurs. J’ai aussi adoré le roman graphique de Patrick Lacan et Marion Besançon intitulé Verts.

06/06

Quels sont vos futurs projets?

Je travaille actuellement sur une nouvelle série : un gros plan de fleur qui devient insolite par son cadrage et la technique du cyanotype. Je pense également créer une production graphique en jouant avec les changements d’échelle, avec des détails en macro reproduits sur un format 60×80 cm. Je souhaite trouver des lieux d’exposition, car j’aime le contact avec le public, expliquer mon travail et échanger.

Cyanotype d'Alexandra Planquais. Fleur
© Maude Devos