Skip to main content
Peinture florale par Céline Caux, artiste des Hauts de France
© Céline Caux

Née en 1989 à Boulogne-sur-Mer, sur la Côte d’Opale, Céline Caux vit et travaille à Hardelot, à vingt minutes de sa ville natale. Très tôt attirée par la couleur et la matière, elle obtient en 2009 un baccalauréat littéraire, avec une spécialité en arts plastiques. L’année suivante, elle s’oriente vers l’histoire de l’art à la faculté de Lille, avant de réaliser que la distance avec la pratique lui pèse. Elle décide alors de se consacrer à un travail d’apprentissage et de recherches personnelles : matières, couleurs, textures, rendus. En parallèle, elle obtient un diplôme dans la petite enfance, qui lui permettra d’exercer plus tard en École municipale d’art.

En 2011, elle présente ses premières œuvres autour du corps féminin, une thématique qu’elle développe jusqu’en 2017. L’année de la naissance de son premier enfant marque un tournant : une période d’introspection ouvre la voie vers le monde végétal, une sensibilité qu’elle reconnaît alors comme fondamentale, ancrée depuis l’enfance passée à la campagne entre jardins, pâtures et champs. À partir de 2018, son travail se structure autour du rapport entre le végétal et l’être humain, qu’elle nomme Homo Naturalis.

Le végétal comme territoire

La démarche de Céline Caux part d’une attention profonde portée au vivant — aux saisons, aux jeux de lumière qui transforment un paysage à différentes heures du jour ou de la nuit… Elle s’intéresse particulièrement aux plantes sauvages, à celles que l’on dit « mauvaises herbes », à la beauté de ce qui pousse sans permission, à la complexité silencieuse d’un bord de champ ou d’un sous-bois. Dans cette naturalité, elle développe une pratique pluridisciplinaire : peinture sur toile et sur papier, céramique, gravure, encre, acrylique, émaux, fresques murales et interventions en extérieur dans le cadre d’événements de street art — autant de médiums qu’elle choisit selon ce que le sujet exige.

Puissance, chaos et douceur

Ce qui traverse l’ensemble de son œuvre, c’est un rapport de force entre l’humain et le végétal, où la puissance côtoie le chaos et la douceur. Ses séries engagent des sentiments profonds et personnels, portés par le geste, la couleur, la nuance et la transparence. Céline Caux cherche à mettre en lumière la beauté des choses dans leur simplicité individuelle et leur complexité collective, à donner une existence visible à ce qui est habituellement ignoré ou détruit. Son travail sur commande, ses fresques chez des particuliers comme des professionnels, ses interventions publiques témoignent d’une pratique qui s’inscrit aussi bien dans l’intime que dans l’espace partagé.

01/06

Si vous deviez présenter votre art à un enfant.

Mes recherches se tournent vers le monde végétal, sous l’angle du vivant. Ce qui ouvre la porte à différentes explorations : la lutte pour la survie, le relâchement, les plantes « moches », les « mauvaises herbes », et de toutes conditions. Je cherche à mettre en lumière la beauté des choses au travers de leur simplicité. Simplicité en tant qu’individu, complexité en tant que groupe. J’aime mettre en avant l’inutile (par exemple les plantes sauvages dites mauvaises herbes que l’on a tendance à détruire — mais pas que). Pour cela, j’utilise le geste, la couleur, la nuance et la transparence. Cela m’autorise une liberté des médiums et médias : travail sur papier, toile, céramique, gravure, encre, acrylique, émaux…
Je travaille sur commande avec toujours une grande aisance dans la composition, j’interviens également directement sur les murs sous forme de fresque et en extérieur dans le cadre d’événements de street art. Je « végétalise » à ma façon… mais je ne me sens pas une street artiste !

02/06

Si vous deviez garder un moment décisif qui a influencé votre art ou votre choix de devenir artiste.

Je repars dans mon enfance : j’ai grandi à la campagne avec un grand jardin, et comme voisinage des pâtures et des champs. J’étais déjà bercée et animée par mère nature. Mes dessins étaient presque toujours les mêmes, les fleurs… Ça n’étonne personne ! En grandissant, je me suis oubliée, entre les années de lycée et les études… « Qu’est-ce que tu vas faire de ta vie ? » J’ai toujours mené ma barque un peu au gré du vent sans vraiment me poser les bonnes questions et penser le moment présent. J’ai vraiment entamé la peinture au moment de la faculté : période d’expérimentations, de l’abstraction au figuratif. D’ailleurs, c’est la même année où j’ai rencontré mon compagnon et père de nos deux enfants — c’est le premier à m’avoir encouragée dans cette voie, et il m’épaule toujours. Un « métier passion » n’est pas une évidence pour tout le monde et il faut développer cette sensibilité.
Et jusqu’au jour où je suis devenue maman, où j’ai donné la vie : ce fut le déclic. J’ai pris conscience de mon enfermement, mon regard était centré sur moi-même et sur la volonté de réussir. J’ai donc pris le temps de profiter de la maternité et de redécouvrir la nature, les plantes qui nous entourent. « Je me suis surprise à être émerveillée devant une petite mousse dans la fissure d’un mur — la vie, en fait ! » J’ai entamé des lectures (chose que je ne faisais plus), des reportages, des études diverses, la botanique, bref tout ce qui se rapporte aux plantes. J’ai compris que c’était finalement ma bulle d’oxygène, et que c’était la vie que je voulais peindre.

03/06

Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos œuvres.

Question difficile ! Je travaille par séries, dans lesquelles j’aborde un sentiment profond et personnel comme Sauvage ?! ou encore Lâcher prise. Elles me questionnent, elles questionnent ! Je dirais la série Sauvage : c’est sur cette première approche que je me suis sentie en phase avec moi-même, dans mon geste, dans la vision globale de l’œuvre, immersion totale dans le végétal, partagée entre la joie et la tristesse, des souvenirs de balades dans les sous-bois, les bordures de champs, ainsi que les questions du quotidien.
Si je devais garder une peinture, ce serait celle avec le fond gris/orage — le ciel gris de ma Côte d’Opale, ce ciel qui révèle la beauté et surtout la couleur de chaque élément de la nature. C’est toujours magique et fort lorsque je me pose à contempler ces détails qui se révèlent à moi. C’est une peinture qui me ressemble et qui éveille les sens.

Peinture florale par Céline Caux, artiste des Hauts de France
© Céline Caux
04/06

Si votre art avait un super-pouvoir.

J’espère avant tout déjà transmettre une émotion pour chaque œuvre. Les personnes qui découvrent mon travail ressentent souvent le sentiment que dégage une peinture, et cette émotion s’avère être juste. J’ai de nombreux retours concernant les plantes sauvages (dites mauvaises herbes — j’aime peu cette appellation), où les personnes prennent conscience que ces plantes sont la VIE. Chaque plante avec une vraie identité et un vrai rôle à jouer parmi nous. Les plantes sont la vie… et j’ajoute qu’elles sont diversité.
Alors si ma peinture pouvait transmettre un message plus profond, ce serait : laisser la vie exister, et que l’on prenne tous soin de notre planète. Être sensible en tout sens — tout se vaut, ce qui fait le pont avec nous, l’être humain, et notre société.

05/06

Si vous pouviez rencontrer ou collaborer avec un artiste célèbre.

Rien d’original là-dedans : j’aurais aimé séjourner à Giverny ! Sans hésitation, un duo avec Monsieur Monet pour son travail de la couleur. Sa manière de peindre m’a toujours fascinée — une couleur dominante retranscrite en petites touches pour un équilibre parfait et une immersion totale dans l’œuvre.

06/06

Si vous aviez rédigé cette interview, quelle question vous seriez-vous posée ?

Ce serait de savoir ce qu’on peut me souhaiter. Comme un sentiment de sérénité, de plaisir et d’accomplissement. Un enrichissement personnel et des rencontres qui font grandir  — un partage et des collaborations avec des artisans d’art locaux (reliure, céramique…).

Peinture florale par Céline Caux, artiste des Hauts de France
© Céline Caux

Céline Caux est membre d’Opale Art. Nous la remercions de sa confiance. Retrouvez nos autres portraits d’artistes en suivant ce lien. Et découvrez de nombreux artistes sur notre compte instagram.